J'ai fait une chute sur les rochers de la Côte Sauvage. Je me suis retrouvé avec le genou en sang à 800 mètres du parking, seul, à marée montante. Voici ce que j'ai appris ce jour-là — et les six autres erreurs classiques.
Ça m'est arrivé sur la Côte Sauvage du Croisic, par un coefficient 88, un samedi d'octobre. J'y allais seul — j'aime ce calme-là, partir avant 7h, être sur les rochers avant que quiconque arrive. Ce matin-là, j'ai posé le pied sur une dalle couverte d'algues brunes à peine sorties de l'eau. Le pied a glissé. La chute a été nette.
Résultat : genou droit ouvert sur le bord d'un rocher, à 800 mètres du parking, avec la marée qui avait commencé à remonter depuis vingt minutes. Je n'avais pas de trousse de premiers secours. J'avais mon téléphone, la batterie à 23%.
Je suis rentré. J'ai boité jusqu'à la voiture, j'ai nettoyé à l'eau de mer, j'ai conduit avec la jambe gauche. Mais ce matin-là m'a appris plus sur la sécurité sur l'estran que vingt ans de sorties sans incident.
Depuis cet incident, j'ai une petite trousse étanche dans mon sac de pêche à pied. Compresses, bande, désinfectant, sparadrap large. Ça pèse 200 grammes. Ça peut vous éviter une situation compliquée.
Sur la Côte Sauvage, les dalles recouvertes de fucus (algues brunes) sont glissantes comme du savon mouillé dès qu'elles sortent de l'eau. J'y allais depuis des années sans jamais tomber. Et puis un matin, une fraction de seconde d'inattention. Le rocher gagne toujours. Depuis, je teste chaque dalle avec la pointe de la botte avant d'y mettre le poids du corps, et je marche sur les zones à moules ou à balanes — bien plus adhérentes.
J'aime partir en solo. Le calme, l'estran pour moi seul, cette liberté face à la mer que rien ne remplace. Mais ce matin de chute sur la Côte Sauvage, personne ne savait où j'étais. Ma compagne pensait que j'étais parti faire du kayak. Si j'avais perdu connaissance, le temps que quelqu'un s'inquiète... Depuis, je lui envoie toujours un message avant de partir : spot exact + heure de retour prévue. Ça prend dix secondes.
Ce matin-là, j'étais absorbé par une zone particulièrement généreuse en huîtres sauvages. J'ai perdu la notion du temps. Quand j'ai levé les yeux, la mer remontait déjà depuis vingt minutes et j'étais à 800 mètres du bord. Sur une côte plate, vingt minutes de flot entrant peuvent transformer le paysage. Depuis, j'ai une alarme sur mon téléphone réglée 45 minutes après la basse mer. Immuable.
La Côte Sauvage par coefficient 100 avec vent de nord-ouest force 6 — j'y suis allé une fois. J'ai rebroussé chemin à 200 mètres de l'eau. Les embruns, les vagues qui balaient les dalles, le sol déjà glissant sans le vent... Ce n'est pas une sortie, c'est un risque inutile. Le coefficient sera là la semaine prochaine. La météo marine, c'est ma première consultation, avant même le coefficient.
Une fois, j'ai ramassé des huîtres sur un secteur que je n'avais pas vérifié — un secteur que je connaissais bien et qui était habituellement ouvert. Cette semaine-là, une fermeture d'urgence avait été prononcée après de fortes pluies sur l'estuaire de la Loire. Je ne suis pas tombé malade ce jour-là, par chance. Depuis, la DDTM 44 est ma première consultation du soir avant une sortie du lendemain. Jamais le matin — les fermetures d'urgence peuvent intervenir la nuit.
Dans mes premières années, l'excitation de la grande marée. Le seau qui se remplit. Et au final, une partie à la poubelle parce que je n'avais pas le temps de tout préparer. Maintenant ma règle est simple : je ramasse ce que je vais manger dans les 48 heures. Ma grand-mère disait qu'un bon pêcheur ne prend que sa part. Elle avait raison.
Trousse de premiers secours étanche · Téléphone chargé à >80% · Message envoyé à ma compagne avec le spot exact · Alarme 45 min après la BM · Classement sanitaire vérifié la veille · Météo marine Météo-France vérifiée. Et : 196 (CROSS Étel) en mémoire.
Né et grandi à Saint-Nazaire, je pratique la pêche à pied depuis l'enfance sur la Côte Sauvage et l'estuaire. Skimboard à La Govelle, catamaran, kayak — la mer de Loire-Atlantique sous toutes ses formes depuis toujours. J'ai créé ce site pour aider les gens de la région à profiter au mieux de leur côte.